Johannesburg – Pour l’édition 2025 de la CAN, qui se jouera du 21 décembre au 18 janvier au Maroc, la région de l’Afrique australe, via la zone COSAFA, établit un record historique : sept nations sur 14 qualifiées pour le tournoi final.
C’est la première fois dans l’histoire de la compétition que l’Afrique australe atteint une pareille représentation, révélant par là même un signe fort de l’essor du football dans cette partie du continent.
« Les sélections du Sud progressent énormément. L’écart entre les régions se réduit, et chaque équipe qualifiée peut créer la surprise. Avec de la discipline, de la rigueur et la confiance dans leur style de jeu, elles peuvent aller au bout », a commenté Christopher Katongo, ancien attaquant zambien.
Selon lui, si les équipes d’Afrique du nord et celles d’Afrique de l’ouest survolaient le football africain, l’écart s’est réduit depuis quelques années, à mesure que les équipes d’Afrique australe se sont mises à rattraper leur retard.
« Tout repose sur le collectif et le travail. Il faut s’entraîner ensemble, se battre les uns pour les autres, rester soudés dans les moments difficiles. Le talent seul ne suffit pas : c’est l’esprit d’équipe qui fait la différence. C’est la grande leçon de notre parcours en 2012 », a-t-il confié, en allusion à la Coupe d’Afrique des Nations 2012 remportée par son pays en finale face à la Côte d’Ivoire.
Même son de cloche du côté de Salomon Kalou, ancien attaquant ivoirien et ambassadeur de la CAF, qui a, pour sa part, affirmé que le football africain a beaucoup changé et qu’il n’existe plus de « petites équipes », puisque même des nations moins médiatisées peuvent créer des surprises.
Idem pour le président de la CAF, Patrice Motsepe, qui a souligné combien le contexte actuel rend la CAN 2025 imprévisible, confirmant qu’il n’y a plus de « petites nations » de football en Afrique.
A son avis, la hausse du niveau général des équipes africaines, y compris celles de la zone COSAFA, rend toute équipe, peu importe sa réputation, capable de briller.
Nombre d’observateurs estiment que cette présence massive de l’Afrique australe change la configuration traditionnelle de la CAN et enrichit la compétition en termes de styles de jeu, d’approches tactiques et de rivalités régionales.
Si cette présence témoigne des progrès accomplis par ces nations en matière d’infrastructure et d’investissement dans les systèmes de formation, elle confirme aussi que la COSAFA ne se contente plus de participer : elle vise des résultats, et pourquoi pas des surprises, voire un sacre.
Des équipes comme le Botswana, le Mozambique ou les Comores, souvent moins médiatisées, obtiennent une vitrine continentale qui pourrait booster leur développement et leur visibilité sur la scène africaine.
Les pays de la COSAFA qualifiées sont l’Afrique du Sud qui, régulièrement présente parmi les grands noms du continent, reste un pilier de la région, la Zambie, souvent ambitieuse, illustre la tradition footballistique de l’Afrique australe, et le Zimbabwe, de retour dans la course après quelques absences, ambitionne de marquer les esprits.
Il s’agit également de l’Angola qui, habituée à participer à la CAN, incarne l’expérience de l’Afrique australe lusophone, du Mozambique qui, après une qualification obtenue dans la douleur, symbolise la montée en puissance des « outsiders », du Botswana, l’une des surprises de la qualification et des Comores, souvent sous-estimées, confirment leur évolution et leur ambition.
Dans le Groupe A, la Zambie et les Comores auront un défi de taille face au pays hôte, le Maroc, et à une solide équipe malienne, tandis que l’Afrique du Sud, l’Angola et le Zimbabwe se retrouvent dans le Groupe B avec l’Égypte, sept fois championne de la CAN.
Le Botswana devra se mesurer dans le Groupe D à un ancien champion, le Sénégal, ainsi qu’à la RD Congo et au Bénin, au moment où le Mozambique croisera le fer dans le Groupe F avec le tenant du titre, la Côte d’Ivoire, mais aussi avec le Cameroun et le Gabon.
Depuis la création de la compétition en 1957, seules deux nations d’Afrique australe ont inscrit leur nom au palmarès : l’Afrique du Sud en 1996 et la Zambie en 2012.
Plus récemment, l’Afrique du Sud a redoré le blason régional en terminant sur le podium de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, décrochant la médaille de bronze après une victoire contre la RD Congo. La Zambie, quant à elle, n’a pas réussi à franchir la phase de groupes.
Autant dire que l’Afrique australe aura une carte à jouer, mais le chemin vers un sacre historique est loin d’être une sinécure. À la veille du coup d’envoi de la CAN 2025, la pression monte pour ces sept nations qui aspirent à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du football africain.