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CAN 2025 : les cafés et restaurants n’attendent que le sifflet du coup d’envoi

Par Zineb Bouazzaoui.

Rabat – À moins de deux jours du premier coup de sifflet de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, le Maroc vibre déjà comme un stade à ciel ouvert. Dans les cafés, les restaurants et jusque dans les vitrines numériques d’Instagram, l’attente est palpable, presque physique.

Les écrans s’allument, les cuisines s’échauffent, les commandes s’accumulent. Dans cette agitation maîtrisée, chacun peaufine ses derniers réglages, chaque détail est ajusté, dans une attente suspendue au rythme des minutes qui s’égrènent.

Dans la grande majorité des établissements, le silence feutré des heures creuses a disparu. Les écrans géants occupent désormais le centre des salles, testés à répétition, tandis que les équipes répètent inlassablement les mêmes gestes, synchronisés et précis.

« La CAN n’est pas un simple événement sportif pour nous, c’est un moment de communion », explique à la MAP le gérant d’un restaurant à Rabat, prêt à diffuser tous les matchs. « On se prépare comme pour une finale, avec une carte dédiée, des horaires élargis et une équipe renforcée. Chaque match doit être une fête », insiste-t-il avec enthousiasme.

Dans les cuisines, la pression s’installe par vagues successives. Les marmites frémissent déjà, les épices saturent l’air, les équipes répètent leurs gestes en prévision des soirées de match. « Les soirs de rencontre, nous allons fonctionner presque au double du rythme habituel », fait savoir un chef cuisinier, entre deux commandes, notant que « les clients ne viendront pas seulement manger, ils viendront vivre le match et écrire l’histoire ».

Dans les cafés de quartier, l’écran géant s’impose peu à peu comme un aimant social. Les habitués anticipent, réservent, choisissent leur place. Les tables sont déplacées, les angles de vue optimisés, tandis que certains établissements investissent, pour la première fois, dans un équipement audiovisuel plus performant.

« La CAN, c’est un peu notre rêve à tous », glisse un cafetier casablancais. « Nous avons besoin de nous retrouver, de partager les émotions pour les vivre intensément », ajoute-t-il.

Box « match day » et boards salé-sucré : la CAN se vit aussi à la maison

À côté des lieux physiques, une autre scène s’anime, plus silencieuse mais tout aussi stratégique, celle des réseaux sociaux. Sur Instagram, les algorithmes l’ont bien compris. Les « match day box » se multiplient.

Pain brioché, mini-burgers, feuilletés, douceurs sucrées, le tout emballé dans des boîtes aux couleurs de la CAN, parfois estampillées du drapeau marocain. Tout est calibré pour accompagner les 90 minutes de tension.

« Nous avons voulu créer une box qui rassemble, comme autour d’un salon marocain », explique à la MAP la responsable d’une marque de planches d’amuse-bouches, qui propose des éditions limitées spécialement conçues pour la coupe d’Afrique.

« La demande s’annonce soutenue, portée par une envie d’anticipation et de préparation autour de l’événement », a-t-elle poursuivi.

Dans les grandes surfaces aussi, les rayons se transforment. Les snacks, amuse-bouches et boissons gagnent en visibilité. « Nous observons clairement une hausse des ventes de produits liés aux soirées foot », a confirmé un responsable de supermarché.

« La CAN est devenue un moment de consommation collective, presque ritualisée », a-t-il fait remarquer.

Les cafés au féminin, nouveaux espaces de ferveur

Fait notable de cette édition, la montée en puissance des cafés réservés aux femmes, qui diffusent eux aussi les matchs. Écrans géants, ambiance conviviale, décorations aux couleurs nationales.

« Les femmes veulent vivre la CAN pleinement, sans filtre, entre elles ou en famille. Et la demande est réelle », affirme la gérante d’un café féminin à Casablanca.

Au-delà du commerce, c’est une véritable économie de l’émotion qui se met en place. Cafés, restaurants, créateurs de contenu et commerces de proximité participent tous, chacun à leur manière, à cette montée en tension partagée.

À mesure que la CAN approche, le Maroc semble suspendu dans l’attente. Comme si le pays tout entier retenait son souffle, prêt à exploser au premier but. Les commerçants l’ont bien compris, au-delà des chiffres et des commandes, c’est une émotion qu’ils cherchent à capter.

Lorsque le sifflet retentira enfin, ce ne sera pas seulement le début d’une compétition, mais plutôt l’aboutissement de semaines de préparatifs, de nuits blanches, de cuisines en surchauffe et de vitrines illuminées. La CAN peut commencer. Le Maroc, lui, est déjà prêt.

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