New Jersey – Le résultat ne raconte pas tout. Le nul décroché par le Maroc face au Brésil (1-1), samedi au New York New Jersey Stadium lors de la première journée du groupe C du Mondial 2026, vaut davantage qu’un simple point au classement. Il apporte surtout des réponses, des confirmations et des certitudes à une sélection marocaine qui nourrit de grandes ambitions.
Face à une Seleção toujours riche en talents, les Lions de l’Atlas n’ont jamais donné l’impression de subir l’événement. Mieux encore, ils ont longtemps imposé leur rythme et leur personnalité, portés par une génération qui semble avoir trouvé le parfait équilibre entre jeunesse et expérience.
Au milieu de terrain, Ayyoub Bouaddi a signé une prestation de très haut niveau. Le jeune prodige de 18 ans a dicté le tempo, orienté le jeu avec maturité et multiplié les interventions justes dans les deux sens du terrain. Une véritable master class pour celui qui s’affirme comme l’un des nouveaux patrons de l’entrejeu marocain.
À ses côtés, Samir El Mourabit a réalisé, après son entrée en jeu, un travail moins spectaculaire mais tout aussi précieux. Infatigable à la récupération, discipliné dans son positionnement et toujours disponible pour offrir des solutions, il a largement contribué à l’équilibre du bloc marocain en deuxième mi-temps. Sa complémentarité avec Bouaddi a donné de la vivacité à l’équipe lors des dernières minutes de la rencontre.
Devant, Ismaël Saibari a confirmé que son repositionnement était bien plus qu’une solution de circonstance. Mobile, intelligent dans ses déplacements et constamment disponible entre les lignes, il a incarné à merveille le rôle de faux numéro 9. Son but, inscrit à la 21e minute, est venu récompenser une prestation pleine d’activité et de générosité.
Derrière, la charnière composée de Chadi Riad et Issa Diop a dégagé une impression de sérénité rarement prise en défaut. Solides dans les duels, complémentaires dans leurs déplacements et appliqués dans la relance, les deux défenseurs ont tenu tête aux offensives brésiliennes avec autorité.
Et lorsque le verrou défensif a été mis à contribution, Yassine Bounou a répondu présent. Le gardien marocain a une nouvelle fois démontré pourquoi il demeure l’un des hommes forts de cette génération. Auteur de deux parades exceptionnelles face aux attaquants brésiliens, il a maintenu son équipe dans le match aux moments les plus délicats. Comme lors de la Coupe du monde 2022 et dans tant d’autres rendez-vous majeurs, « Bono » a confirmé qu’il est un gardien de grands événements, capable de faire basculer le destin d’une rencontre par un arrêt décisif.
Sur les côtés, l’expérience a également parlé. Noussair Mazraoui a une nouvelle fois démontré son importance dans l’équilibre collectif. Toujours disponible, toujours juste, le défenseur de Manchester United continue d’être une valeur sûre du onze marocain. Quant à Achraf Hakimi, il semble retrouver progressivement son meilleur niveau. Tranchant dans ses montées, rigoureux défensivement fàace à Vinicius et influent dans les transitions, le capitaine a livré l’une de ses prestations les plus convaincantes de ces derniers mois depuis son retour de blessure.
Au-delà du résultat, c’est donc l’impression générale qui retient l’attention. Le Maroc a regardé le Brésil dans les yeux, sans complexe ni retenue. L’équipe de Mohamed Ouahbi a affiché de la personnalité, de la maîtrise et une réelle cohésion collective face à l’un des favoris du tournoi.
À l’heure d’aborder la suite de la compétition, les Lions de l’Atlas repartent avec un point, mais surtout avec des certitudes. Et dans un Mondial, cela vaut parfois bien davantage.