New Jersey – Il y a des entraîneurs qui marquent une époque par leur charisme, d’autres par leur palmarès. Luis de la Fuente appartient désormais aux deux catégories. En conduisant l’Espagne à son deuxième sacre mondial après sa victoire face à l’Argentine (1-0) en finale de la Coupe du monde 2026, le technicien espagnol est entré dans le cercle très fermé des sélectionneurs les plus titrés de l’histoire de la Roja.
En l’espace de trois ans, De la Fuente a tout remporté. La Ligue des nations en 2023, l’Euro 2024, puis la Coupe du monde 2026. Une série exceptionnelle qui confirme l’ascension d’un entraîneur longtemps resté dans l’ombre, mais dont le travail de fond est aujourd’hui unanimement salué.
Son parcours est pourtant atypique. Ancien joueur de l’Athletic Bilbao et du Séville FC, Luis de la Fuente s’est construit loin des projecteurs, au sein des sélections de jeunes espagnoles. Pendant plus d’une décennie, il a façonné plusieurs générations de joueurs, remportant notamment le Championnat d’Europe des moins de 19 ans en 2015, celui des moins de 21 ans en 2019, sans oublier une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021.
Lorsque la Fédération espagnole lui confie les rênes de la sélection A en 2022, beaucoup y voient un choix de continuité plus qu’un pari. Quelques mois plus tard, il fait taire les doutes. Son Espagne retrouve progressivement son identité, sans chercher à reproduire le « tiki-taka » des années 2010, mais en l’adaptant aux exigences du football moderne.
Sous sa direction, la Roja conjugue maîtrise technique, intensité, pressing et verticalité. Son équipe monopolise le ballon sans tomber dans une possession stérile. Elle attaque vite, défend ensemble et privilégie toujours le collectif aux exploits individuels.
Cette philosophie s’incarne parfaitement dans une génération portée par Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Pedri, Gavi, Nico Williams ou encore Rodri, jeunes talents que De la Fuente connaît souvent depuis les équipes de jeunes. Ce lien de confiance explique en grande partie la maturité affichée par ces joueurs malgré leur jeune âge.
Autre force du sélectionneur : sa gestion du groupe. Aucun ego ne dépasse l’intérêt collectif. Les stars acceptent les rotations, chacun connaît son rôle et les remplaçants répondent présents lorsqu’ils sont sollicités. Cette cohésion a constitué l’une des grandes forces de l’Espagne tout au long du Mondial.
À 65 ans, Luis de la Fuente laisse déjà une empreinte profonde sur le football espagnol. En remportant successivement la Ligue des nations, l’Euro puis la Coupe du monde, il a non seulement enrichi le palmarès de la Roja, mais surtout posé les fondations d’un nouveau cycle.
Plus qu’un sélectionneur victorieux, il apparaît désormais comme l’architecte d’une génération appelée à régner sur le football mondial pendant de longues années.