– Par Afaf Razouki –
Bruxelles – Après un an d’attente, la magie du ballon rond va opérer dans les quatre coins du Vieux continent pour une 16ème édition du championnat d’Europe de football exceptionnelle à bien des égards.
Cette nouvelle édition de l’Euro, qui devait initialement avoir lieu l’été passé mais qui a été reportée à cause du coronavirus, se déroulera non pas dans un seul pays mais dans 11 villes européennes différentes.
De Glasgow à Saint-Pétersbourg en passant par Rome, Séville et Bucarest, l’UEFA a vu les choses en grand pour le 60e anniversaire du premier championnat d’Europe de football. Mais la pandémie de Covid-19 est venue compliquer la donne pour les organisateurs, les équipes et les fans.
Face à un double défi logistique et sanitaire, les incertitudes sont nombreuses laissant craindre des conséquences négatives pour les prestations sportives des 24 sélections prenant part à ce tournoi paneuropéen.
Parmi les principales difficultés auxquelles devront faire face les organisateurs c’est de réussir le retour du public dans les stades après quasiment un an et demi de huis clos.
« Nous avons travaillé d’arrache-pied avec les associations organisatrices et les autorités locales afin de garantir un cadre sûr et festif pour les matches », avait assuré le président de l’UEFA Aleksander Ceferin.
Les villes hôtes, qui auront fort à faire pour garantir la présence des fans dans les tribunes en toute sécurité, ont toutefois eu le dernier mot concernant la capacité des stades.
Pour trancher cette question, elles ont dû prendre en considération plusieurs facteurs, notamment l’évolution de la situation sanitaire, le déploiement de la vaccination au niveau local ou encore les projets de redémarrage économique, tout en respectant la jauge minimale d’au moins 25% de la capacité du stade fixée par l’UEFA.
Si Budapest vise 100% de la capacité de son stade, Saint-Pétersbourg et Bakou ont confirmé des tribunes remplies à 50%, tandis que Amsterdam, Bucarest, Copenhague, Glasgow, Rome et Séville accueilleront des supporters à hauteurs de 25%-33% de la capacité de leurs stades.
Londres prévoit de son côté une capacité minimale de 25% pour les trois premiers matches de groupe et le match de huitième de finale, alors que Munich vise à accueillir un minimum de 14 500 spectateurs, ce qui correspond à environ 22% de la capacité de son stade l’Allianz Arena.
Pour garantir une présence sûre des spectateurs et chasser le spectre de contamination dans les stades, l’instance dirigeante du football européen précise avoir pris une série de mesures.
Chaque détenteur de billet se verra ainsi attribuer un créneau horaire dédié de 30 minutes pour arriver au stade et éviter les files d’attente. Le port du masque ainsi que d’autres mesures qui peuvent inclure des contrôles de température corporelle ou des tests rapides Covid-19 sont prévues, relève l’UEFA, notant que ces procédures pourront varier en fonction des stades.
S’agissant des déplacements des fans à travers l’Europe, les restrictions d’entrée aux frontières et les exigences imposées lors des voyages pourront dissuader les supporters à suivre leurs équipes pour les soutenir.
Selon l’UEFA, aucune dérogation ne sera accordée aux détenteurs de billets. Seuls la Hongrie, l’Azerbaïdjan et la Russie ont mis en place des procédures spéciales pour les fans venant de l’étranger, avec notamment des dispenses de quarantaine.
Les rassemblements des fans hors des stades constituent également un défi de taille pour les autorités des villes hôtes qui doivent continuer à lutter contre la propagation du coronavirus tout en laissant les supporters vivre leur passion.
Le Conseil de l’UE, qui représente les gouvernements des États membres de l’Union européenne, a souligné dans des conclusions adoptées en début de semaine que l’Euro représente un défi « sans précédent » en matière de sécurité, tout en insistant que les organisateurs devraient continuer à adopter des mesures et des procédures qui empêchent la propagation du virus parmi tous les acteurs concernés.
Outre les organisateurs et les fans, les contraintes sanitaires pèsent également sur les équipes engagées dans la compétition et leurs joueurs qui doivent s’adapter à des conditions drastiques visant à prévenir l’émergence de foyers de contamination.
Dans le cadre de « bulles » sanitaires, les joueurs devront notamment subir des tests de dépistage espacés de quatre jours au maximum et éviter les contacts extérieurs et les visites.
Malgré ces mesures, le spectre de clusters plane sur les équipes après que l’Espagne et la Suède ont annoncé chacune deux cas positifs parmi leurs joueurs.
Face à un risque de contamination à grande échelle, l’Espagne a décidé de vacciner tous ses joueurs avant le début de la compétition, mais pour d’autres pays, la vaccination des joueurs ne peut être obligatoire et reste avant tout une « décision personnelle ».
Même retardé d’un an, l’Euro 2020 aura lieu sous le signe de la pandémie et de ses nombreuses contraintes, mais l’UEFA a promis que ce sera avant tout une « grande fête de football » avec du beau jeu, des émotions fortes et le retour tant attendu du public dans les stades.