.-Par Houcine MAIMOUNI-.
Copenhague – Terrassée par la Finlande, samedi dernier à domicile sur le score de 0-1, l’équipe danoise de football jouera contre la Belgique, jeudi à Copenhague, pour sa survie dans le deuxième match du groupe B de l’UEFA Euro 2020, le temps d’un match placé sous le signe d’un hommage au milieu de terrain danois Christian Eriksen.
Depuis les grosses frayeurs de l’accident cardiaque de la star danoise et milieu offensif de l’Inter Milan (29 ans) ayant glacé le monde entier, en plein match Danemark/Finlande, l’atmosphère footballistique n’est plus la même.
Le mood a changé, les villages de fans essaimés autour de Copenhague n’attirent plus grand-monde comme initialement prévu, même avec l’abandon des masques faciaux et l’assouplissement des mesures « toujours en vigueur » contre le nouveau coronavirus.
« On dirait qu’une douche froide nous est tombée dessus. Plus rien n’importe dans cette compétition à part la survie d’Eriksen », résume avec déception Mette (23 ans), une jeune danoise visiblement avide de redécouvrir la vie normale à Copenhague, après une longue, trop longue hibernation forcée par le Covid-19.
Son copain, coiffé d’un chapeau Rouge et Blanc et arborant un maillot de la même couleur portant le nom et le numéro 10 d’Eriksen, ne semble pas se soucier à outrance de l’issue du match et de ses implications pour le Danemark, « dès lors qu’ils ont obligé les joueurs à reprendre le match contre la Finlande dans les circonstances que l’on sait », dit-il.
Conciliants au départ, plusieurs responsables danois ont remis sur le tapis les règles de l’UEA consistant à poursuivre un match dans des conditions émotionnellement extrêmes, allant jusqu’au transport sur civière, devant les caméras du monde entier, d’un joueur entre la vie et la mort.
Les images de Sabrina Kvist Jensen, la compagne de Christian Eriksen, inconsolable sur la pelouse de Copenhague, ont bouleversé des millions de téléspectateurs. Peter Schmeichel, légende du football danois, a expliqué que la jeune femme a cru que le père de ses enfants était mort…
Mais au-delà de ces intenses moments d’émotions, le président de la Fédération danoise de football (DBU) a demandé mercredi à l’UEFA un changement de ses règles sur la reprogrammation des matches, critiquant la façon dont la rencontre Danemark-Finlande avait repris malgré le malaise cardiaque d’Eriksen.
« C’était la mauvaise décision et complètement inacceptable que les joueurs aient dû aller sur le terrain si peu de temps après cette horrible expérience », a déclaré Jesper Moller, président de la DBU.
Cette prise de position fait en fait écho à celle exprimée, deux jours plus tôt, par le coach danois, Kasper Hjulmand, qui a affirmé que le match concédé devant la Finlande ne devait pas être joué du tout, suite au malaise d’Eriksen.
« Honnêtement, je ne pense pas que nous aurions dû être à nouveau sur le terrain », a-t-il déclaré, précisant que son équipe était acculée à choisir entre reprendre le match le même jour ou le jouer le lendemain à midi.
« Honnêtement je ne pense pas qu’on aurait dû être sur le terrain », a-t-il dit, ajoutant que « j’ai mauvaise conscience que nous étions de nouveau là-bas ».
L’émotion dans le camp danois a été si forte que le prince héritier Frederik de Danemark, féru de sport, s’est rendu mardi dernier à l’entraînement de l’équipe à Elsinore, au nord de Copenhague, pour montrer le soutien de la famille royale à la sélection.
Le plus important est qu’Eriksen se porte bien dans ces circonstances, ont déclaré le Prince Frederik (53 ans) et son épouse, la princesse héritière Mary (49 ans), après l’incident.
Ces marques « royales » ne changent pourtant rien au duel devant opposer le Danemark à une Belgique qui, ayant royalement entamé son Euro 2020 en étrillant la Russie (3-0), lui suffirait d’une victoire pour passer en 8ème de finale.
Côté danois, ce match contre la Belgique devrait être celui de sa survie, les Rouge et Blanc étant, sur le plan comptable, obligés de ne pas perdre pour pouvoir espérer viser une qualification en 8ème de final, soit via une deuxième place, soit via une des places accordées aux meilleurs troisièmes.
Si par-delà les supputations, les supporters ne se font pas d’illusions quant à l’issue d’un match aussi décisif, d’autres tiennent absolument à marquer leur présence, le temps d’applaudir leur meneur de jeu, leur star, Eriksen.
Et, visiblement, ils ne seront pas seuls à le faire. Son coéquipier à l’Inter Milan, le bolide belge Romelu Lukaku, lui prévoit un hommage à la 10ème minute du match, en référence à son numéro 10, avec une minute d’applaudissement.
Une leçon de sport, un enseignement de vie, de fair-play: un pour tous et tous pour un !