— Omar EL MRABET —
Madrid – L’Italie qui n’a pas disputé le dernier Mondial a été proclamée championne d’Europe trois ans plus tard à Wembley, le meilleur scénario possible pour renouer avec le succès et toucher le ciel. Avec le même charisme, la même chance de toujours, la même vieille garde en défense Chiellini-Bonucci et un schéma de jeu différent, la « Squarda azzura » fait son retour au sommet du football européen avec le deuxième sacre continental contre l’Angleterre.
Il a fallu attendre 53 ans… mais cela en valait la peine. En trois ans, depuis 2018, l’Italie est passée de la déception à l’euphorie. Et (presque) tout le mérite en revient à Roberto Mancini, l’entraîneur charismatique qui a changé le visage du « catenaccio » pour déployer un jeu généreux, vivace et séduisant.
Il a pris les commandes d’une équipe brisée après avoir manqué la Coupe du monde pour la première fois en 60 ans et l’a ramenée au sommet. « Au début, nous pensions que Mancini était fou quand il nous a dit que nous devions penser à gagner le Championnat d’Europe », a admis le vétéran Chiellini.
Mais Mancini avait un rêve et il ne s’en est jamais écarté. « Si j’avais confiance en cette équipe lorsque je suis arrivé il y a trois ans, j’en ai encore plus aujourd’hui », a-t-il déclaré avant la victoire 3-0 de son équipe sur la Turquie pour son entrée dans le Championnat d’Europe.
La « Azzura » n’a pas seulement gagné. Elle l’a fait en bannissant les mythes du football italien comme le « catenaccio ». A l’exception des moments d’hésitation lors du match de huitième de finale contre l’Autriche (2-1) ou de la demi-finale contre l’Espagne (1-1), c’est l’équipe qui a le mieux joué pendant l’Euro.
De passage, l’Italie a brisé un rêve historique des Anglais qui poursuivent toujours leur premier sacre continental. Devant leur public, les « Three Lions » ont reçu une douche froide malgré un début de match presque parfait et l’ouverture de score dès la 3ème minute.
L’Angleterre, qui a joué sa première finale de l’Euro après avoir perdu dans le dernier carré en 1968, en Italie, et en tant que pays hôte en 1996, était persuadée que son moment est arrivé pour écrire son nom en or dans les annales du football européen.
Les Hommes Gareth Southgate ont signé un parcours exemplaire tout au long de la compétition. Conduite par Harry Kane, l’Angleterre n’a encaissé que deux buts dans le tournoi et ses attaquants ont fait preuve d’efficacité et de profondeur pour mener l’équipe jusqu’à la dernière étape d’une aventure transformée en un cauchemar.
Une Italie plus habituée des grands rendez-vous a eu le dernier mot consacrant la malédiction qui poursuit le football anglais sur le plan du Vieux continent.
Pointé du doigt suite à cette déception, Southgate a fait son mea culpa. « J’ai choisi les tireurs qui ont tiré les penalties », a-t-il reconnu aux médias après la défaite.
En effet, trois joueurs anglais, tous issus du banc des remplaçants, Rashford, Sancho, Saka, ont manqué leur tir au but face à Donnarumma, sacré meilleur joueur de l’Euro.
« On a travaillé ça avec eux à l’entraînement. C’était un pari », a encore expliqué Southgate.
Après un Euro sans faute, l’Angleterre a raté sa finale et son rendez-vous avec l’histoire et l’Italie fait son « come back » parmi les grands là où elle mérite d’être pour toujours.