–Par Taoufik Saoulaji–
Rabat – Au début de chaque saison hivernale, les deux stations d’Oukaïmden et de Michlifen, qui connaissent des chutes de neige importantes, ne cessent d’attirer les passionnés du ski et des sports de montagne, qui aiment profiter du calme et de la tranquillité loin de la pression de la vie quotidienne.
La région d’Oukaïmden, située à environ 60 km de Marrakech dont l’altitude est comprise entre 2600 et 3270 mètres, et la station de Michlifen, se trouvant au-dessus des montagnes du Moyen Atlas (à environ 20 km de la ville d’Ifrane), sont parmi les stations de ski qui séduisent leurs visiteurs pendant la saison d’hiver constituant des sites sportifs et touristiques par excellence.
Cependant, les deux stations, très appréciées des skieurs qui attendent impatiemment l’arrivée de la saison de neige pour pratiquer leurs passions, tant étrangers que Marocains, ont souffert ces dernières années de plusieurs contraintes, notamment le manque de chutes de neige et l’absence d’infrastructures adéquates pour le ski avec des capacités logistiques et d’équipements de sécurité conformes aux normes internationales.
À cet égard, le président de la Fédération royale marocaine de ski et sports de montagne (FRMSSM), Hicham Ait Ouarchikh, a déclaré que la Fédération a été fondée en 1959 et ne dispose pas encore de terrain de ski, précisant qu’il n’est pas possible de pratiquer ce sport dans un endroit quelconque avec seule condition qu’il y est de la neige.
Dans un entretien accordé à la MAP, M. Ait Ouarchikh considère que les endroits pour pratiquer ce sport doivent respecter des conditions précises et disposer des capacités logistiques et des équipements de sécurité, et nécessitent en l’occurrence des formateurs, des arbitres et des chronométreurs.
Le ski comprend plus de 12 spécialités, mais seul le ski alpin est pratiqué au Maroc, et se heurte à son tour à de nombreux obstacles en l’absence des ingrédients nécessaires pour pratiquer ce type de sport et prendre part à des événements continentaux et internationaux, a-t-il ajouté.
Le président de la FRMSSM a noté que la faiblesse des chutes de neige et le changement climatique qu’a connu le Maroc (Oukaïmden, Michlifen, Djebel Hebri…), à l’instar de nombreux pays du monde, a constitué un frein au développement du ski et à l’expansion de sa pratique, ceci sans oublier la cherté de ses équipements, qui en fait un sport d’élite.
Par ailleurs, M. Ait Ouarchikh a souligné que l’instance fédérale a connu, depuis que le nouveau bureau a pris en charge la gestion en 2018, un ensemble de changements structurels et organisationnels afin de corriger et redresser le parcours de la fédération dans le but de faire face aux défis du sport marocain et surtout de consolider la bonne gouvernance dans la gestion organisationnelle, financière et technique.
Dans le cadre des efforts visant à mettre le ski et le sport de montagne dans la bonne voie, la FRMSS a organisé, en décembre 2019 à la station internationale de ski « Isola 2000 » en France, le premier tournoi international de ski alpin baptisé « Coupe SAR la Princesse Lalla Khadija » dans le cadre des compétitions internationales supervisées par l’Union international de Ski.
Ayant connu la participation de jeunes athlètes en ski alpin, tels que Mehdi Id Yahya, El Mehdi Badan, Yassine Aouich, Ismail Rkioui, Mohamed Bouktita, Abderrahim Koumissa et Mouad Boualaga, cet événement, considéré comme le premier de son genre à l’échelle nationale, permettra au Maroc d’intégrer le parcours des compétitions internationales à l’image des pays leaders dans ce sport, selon M. Ait Ouarchikh.
Il a également précisé que cette compétition organisée pour la première fois hors du territoire du Royaume vient dans le cadre de la nouvelle stratégie de la FRMSSM qui vise à créer des partenariats avec d’autres pays leaders dans ce sport, en vue de d’échanger les expériences et de permettre aux sportifs marocains de côtoyer leurs homologues étrangers.