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Entretien avec le tennisman marocain Reda Bennani

-Propos recueillis par Anouar Afajdar-

Rabat – A 19 ans, Reda Bennani s’impose progressivement comme l’un des grands espoirs du tennis marocain. Entre travail acharné, rencontres marquantes et rêves de grandeur, le jeune joueur poursuit un objectif clair: Se faire une place sur la scène internationale tout en portant haut les couleurs du Maroc. Dans un entretien accordé à la MAP, il revient sur ses débuts, les défis rencontrés et ses ambitions pour l’avenir.

Comment avez-vous découvert le tennis ?

J’ai découvert le tennis très jeune dans un petit club à Casablanca grâce à mon père. C’est lui qui m’a initié et qui m’a transmis cette passion. Au début, c’était surtout un jeu, un moment de plaisir. Mais assez rapidement, j’ai compris que ce sport représentait beaucoup plus pour moi. Je me suis fixé un objectif très clair: Devenir joueur professionnel et représenter le Maroc.

Votre parcours n’a pourtant pas été simple au départ

Effectivement, ce n’était pas facile. Quand j’étais plus jeune, j’avais notamment des problèmes de poids et certains pensaient que cela pourrait freiner ma progression. Mais malgré les doutes, j’ai toujours gardé la même conviction: Je voulais réussir dans le tennis. J’ai travaillé dur, j’ai essayé de progresser chaque jour et de transformer chaque entraînement en opportunité d’avancer vers mon rêve.

Quel souvenir gardez-vous de votre premier tournoi officiel ?

Je m’en souviens très bien. Mon premier tournoi officiel sous les couleurs du Maroc s’est déroulé en Égypte. J’y étais avec des amis du club Sidi Othmane de Casablanca et nous avons réussi à remporter la compétition. Cette victoire a été très importante pour moi. Elle m’a donné énormément de confiance et m’a fait comprendre que je pouvais aller plus loin dans ce sport. C’était vraiment le début de quelque chose.

L’un de vos moments marquants reste votre victoire en Coupe Davis à Casablanca

Oui, c’était un moment très fort pour moi. Jouer la Coupe Davis devant le public marocain à Casablanca est une expérience unique. La victoire contre le Colombien Adria Soriano Barrera (7-6, 7-5) m’a procuré beaucoup d’émotion. Le public était derrière nous et j’ai vraiment senti que tout le travail accompli depuis des années commençait à porter ses fruits.

La Fédération Royale Marocaine de Tennis joue-t-elle un rôle important dans votre progression ?

Oui, énormément. La Fédération Royale Marocaine de Tennis (FRMT) m’accompagne de manière incroyable. Elle m’aide notamment à financer mes déplacements et mes entraînements. Sans ce soutien, il serait beaucoup plus difficile de participer à certains tournois et de continuer à progresser au niveau international. Son rôle est vraiment primordial.

Vous avez récemment participé aux qualifications de l’ATP 500 de Doha. Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

C’était une très belle expérience. J’ai eu l’occasion d’affronter Pablo Carreño Busta, qui a été dans le top 10 mondial et qui est aussi médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo. J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même et j’ai le sentiment d’avoir joué un bon match. Il m’a peut-être manqué un peu d’expérience, mais cette rencontre m’a confirmé que je pouvais rivaliser à un niveau élevé.

Vous avez également eu l’occasion de vous entraîner avec certains grands joueurs…

Oui, à Doha j’ai eu la chance de m’entraîner toute une semaine avec Jannik Sinner. C’était impressionnant de voir son niveau de jeu et son professionnalisme. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est son humilité. Il m’a dit que je jouais bien et il semblait vraiment sincère. Ce genre de moments est très enrichissant, car on apprend autant sur le plan humain que sportif.

Vous avez rencontré d’autres légendes du tennis ?

Roger Federer. C’était un moment très spécial. Pour moi, Federer représente le tennis. C’est mon idole depuis que je suis enfant. Ce qui m’a aussi marqué, c’est qu’il connaissait les grands joueurs marocains comme Hicham Arazi, Younes El Aynaoui et Karim Alami. Cela montre le respect qui existe entre les générations et entre les joueurs.

Quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

Mon objectif est clair: Je veux jouer le tableau final de Roland-Garros. Et pourquoi pas, un jour, réussir à remporter ce tournoi. Bien sûr, je sais que le chemin est encore long et qu’il faudra beaucoup travailler. Mais je reste concentré sur la progression, match après match, tournoi après tournoi.

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