Rabat- C’était en 1976. Une année à part pour le football marocain, évidemment, mais aussi pour le football mondial. À l’époque, la Coupe d’Afrique des nations se disputait avec huit équipes, réparties en deux poules, avant une poule finale à quatre. Le 14 mars 1976, alors que le Maroc est mené 1-0 par la Guinée et qu’un simple point lui suffit pour être sacré, Baba égalise à la 86e minute. Ce but permet à Ahmed Faras de soulever le premier — et jusqu’ici unique — trophée international de la sélection marocaine.
Quelques jours plus tard, le 27 mars, un certain Michel Platini honore sa première sélection avec l’équipe de France. La même année, un autre futur géant du football européen, Karl-Heinz Rummenigge, connaîtra ses débuts internationaux en octobre. 1976, c’est aussi l’année des célèbres « poteaux carrés », qui empêcheront l’AS Saint-Étienne de remporter la Coupe des clubs champions, trophée qui reviendra pour la troisième fois consécutive au Bayern Munich. Quelques mois plus tard encore, la Tchécoslovaquie de Panenka renverse l’Allemagne championne du monde de Beckenbauer et s’adjuge le titre européen.
C’était l’époque des cheveux longs et des rouflaquettes, des pantalons pattes d’éléphant et du disco. Mais surtout celle de l’émergence du football total, à l’origine de notre football moderne, dont les Marocains sont devenus, depuis 2022, parmi les meilleurs représentants. C’était il y a une éternité.
Une première
Maroc–Sénégal n’est pas une affiche inédite. Mais après 32 confrontations, dont 18 à l’avantage des Lions de l’Atlas, c’est la première fois que les deux sélections se retrouvent en phase finale de la CAN, et qui plus est en finale, celle dont rêvaient tant les passionnés de football africain. Ce sera un combat de Lions dans le chaudron du stade Moulay Abdallah.
Pour venir à bout de la force tranquille des Lions de la Teranga, les hommes de Walid Regragui devront encore élever leur niveau de jeu et afficher l’envie et le cœur montrés lors des deux derniers matchs. De son côté, la bande à Mané devra trouver la clé pour déjouer le système de Regragui, qui a fait de sa défense et de son milieu de terrain une véritable forteresse, et de ses ailes une arme redoutable. Que le meilleur gagne… même si l’on espère surtout que ce soit le Maroc.
Regragui à son prime
Impossible, à la veille de ce rendez-vous crucial pour tout un pays, de ne pas souligner le sens tactique de Walid Regragui. Sa première victoire est déjà celle du public, qu’il a su mobiliser et qui a pleinement joué son rôle de douzième homme, notamment lors du quart et de la demi-finale. Vient ensuite une défense de fer : en six rencontres, les Lions de l’Atlas n’ont encaissé qu’un seul but. Une solidité sur laquelle l’équipe peut s’appuyer, tout comme sur la sérénité et l’expérience de son gardien Yassine Bounou.
Et après ?
La CAN n’est pas encore terminée que tous les yeux se tournent déjà vers la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord. Le Maroc, quelle que soit l’issue du match de ce soir, aura incontestablement un statut de candidat au titre mondial. Qui sait ? 2026 sera peut être l’année de l’Afrique qui a tant donné au football. La CAN est devenue une compétition regardée dans le monde entier à l’instar de l’Euro ou de la Copa America, et les joueurs africains brillent dans les plus grands championnats. Alors pourquoi pas une nation africaine enfin sur le toit du monde ?