Lusaka – Lorsqu’ils feront leur entrée en jeu, le 22 décembre face au Mali à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), « Les Chipolopolos » de Zambie (Boulets de cuivre, en Bemba) ne manqueront pas de rappeler à la mémoire la malléabilité de cette équipe, sa bravoure et sa résilience.
À commencer par le surnom de l’équipe. Connue dans les années 1980 sous le nom de KK 11, d’après le président fondateur Kenneth Kaunda (KK) qui a dirigé le pays de 1964 à 1991, elle devient après l’adoption du multipartisme « Chipolopolo », du fait de la présence dans le sous-sol zambien d’importants gisements de cuivre.
Mais sa capacité à constamment se réinventer, elle l’a démontrée suite au crash, par une mémorable soirée du 27 avril 1993, de l’avion militaire qui transportait l’équipe vers le Sénégal pour un match de qualification pour la Coupe du monde 1994. Les 30 passagers et membres d’équipage, dont 18 joueurs, ont été tués dans l’accident.
Le capitaine et entraîneur de l’équipe, Kalusha Bwalya, n’était pas à bord. Retenu aux Pays-Bas pour un match avec son club, le PSV Eindhoven, il devait rejoindre séparément le Sénégal pour le match de qualification.
Une nouvelle équipe fut rapidement créée et entraînée par Kalusha lui-même, avec pour mission de qualifier la Zambie pour le Mondial et préparer ensuite les qualifications pour la CAN suivante.
Un an après le drame, la Zambie était finaliste à la CAN 1994 perdue, à Tunis, face au redoutable Nigeria sur le score de 1-2, au terme d’un duel que d’aucuns ont salué comme un exemple de détermination et de résilience.
Depuis, « Les Chipolopolos », qui marquent cette année leur 19ème participation à la CAN, sont devenus des figures habituelles de cette compétition continentale (1996, 1998, 2000, 2002, 2006, 2008, 2010, 2012, 2013, 2015 et 2023).
Le 3 juin 1994, à Bruxelles, la Zambie a subi l’une des pires défaites de son histoire contre la Belgique (9-0), mais elle allait signer, le 3 septembre 2006 à domicile, sa plus grande victoire contre le Djibouti, sur le score implacable de 10-0.
C’est précisément cette formidable capacité à se surpasser qui a permis au pays de trôner, 19 ans après la catastrophe de 1993, sur le toit de l’Afrique lors de la CAN 2012 remportée face à la Côte d’Ivoire, le 12 février à Libreville, après une palpitante séance de tirs aux buts sur le score de 8-7.
Revenant sur cette épopée inoubliable, Christopher Katongo, capitaine exemplaire, leader charismatique et âme des « Chipolopolos », a déclaré récemment que « remporter la CAN en 2012 a tout bouleversé : pour moi, pour notre pays, et pour la perception du football africain dans le monde. Ce tournoi nous a appris qu’il n’existe aucune « petite équipe » en Afrique ».
Qualifiée pour la CAN 2025 après avoir terminé première de son Groupe G lors des éliminatoires devant la même Côte d’Ivoire, la Zambie a été placée dans le Groupe A en compagnie du Mali (22 décembre), des Comores (le 26) et du pays hôte, le Maroc, (le 30 décembre).
Signe d’un changement de cap pour cette équipe au mental d’acier, elle a annoncé, fin octobre dernier à moins de deux mois du début de la compétition, sa séparation à l’amiable avec le sélectionneur israélien Avram Grant, pour en confier les rênes à l’ancien défenseur zambien Moses Sichone.
Les espoirs de cette nation d’Afrique australe reposent désormais sur une constellation de joueurs, comme le buteur Patson Daka, le capitaine Lubambo Musonda, Patson Daka (attaquant), Fashion Sakala (ailier), Kings Kangwa (milieu central), Lameck Banda (ailier gauche), ou encore le vétéran Stoppila Sunzu, qui reste l’un des joueurs les plus titrés et une référence en défense.