Rabat – La Coupe d’Afrique des nations aime rappeler, dès ses premières journées, qu’aucun statut n’y est définitivement acquis. Favoris sous pression, outsiders ambitieux, héros attendus ou surgissant de l’ombre : la deuxième journée de cette CAN marquée par la victoire étriquée de l’Égypte face au Zimbabwe, le nul entre le Mali et la Zambie et le succès convaincant de l’Afrique du Sud contre l’Angola en livre une illustration éclatante.
Salah, encore et toujours le dernier recours
On annonçait une Égypte souveraine, sûre de sa force et de son expérience. Elle s’est finalement présentée hésitante, parfois fébrile, face à un Zimbabwe discipliné et sans complexe. Les Pharaons ont longtemps buté sur un bloc bas bien organisé, incapables de donner du rythme à leur jeu ou de déséquilibrer l’adversaire.
Il a fallu, une fois encore, un éclair de Mohamed Salah pour éviter une entrée en matière embarrassante. Le capitaine, attendu comme un messie, a endossé le costume de sauveur dans les moments décisifs. Un but, une inspiration, et l’Égypte respire. Mais derrière la victoire, les questions demeurent : peut-on aller loin dans cette CAN en s’en remettant presque exclusivement à son numéro 10 ? La dépendance à Salah est flagrante, et les adversaires à venir ne manqueront pas d’en tirer les enseignements.
Mali–Zambie, le match des occasions manquées
Dans un autre registre, le nul entre le Mali et la Zambie a laissé un goût d’inachevé. Les Aigles maliens, dominateurs dans le jeu, ont manqué de réalisme et parfois de lucidité dans les derniers mètres. La Zambie, fidèle à sa réputation, a opposé une résistance courageuse, s’appuyant sur une organisation solide et des transitions rapides.
Ce partage des points reflète une CAN où l’équilibre tactique prime souvent sur l’audace. Le Mali aurait pu frapper fort d’entrée, la Zambie a su limiter les dégâts. Au final, chacun repart avec des regrets mais aussi la conviction que la qualification se jouera sur des détails.
L’Afrique du Sud frappe un premier coup
À l’inverse, l’Afrique du Sud a envoyé un message clair en dominant l’Angola. Sérieux, disciplinés et efficaces, les Bafana Bafana ont affiché une maturité rassurante. Sans briller excessivement, ils ont su contrôler les temps forts, exploiter les espaces et faire preuve d’un réalisme précieux dans une compétition aussi dense.
Cette victoire place l’Afrique du Sud dans une position favorable et confirme sa capacité à jouer les trouble-fête. L’Angola, de son côté, devra rapidement se remettre en question, tant les lacunes défensives ont été visibles.
Une CAN fidèle à sa réputation
Ces premiers enseignements rappellent une vérité immuable : la CAN ne pardonne ni l’excès de confiance ni l’impréparation. L’Égypte gagne mais inquiète, le Mali stagne, la Zambie résiste, l’Afrique du Sud avance avec assurance. Et Mohamed Salah, lui, continue d’écrire son propre récit, celui d’un homme sur lequel repose tout un peuple.
La compétition ne fait que commencer, mais déjà, elle promet son lot de surprises, de doutes et de confirmations. C’est aussi pour cela que l’Afrique l’aime autant.