Buenos Aires – Le Maroc s’est érigé en une référence continentale du football africain, un statut attribué à une combinaison de facteurs allant du développement sportif aux améliorations significatives des infrastructures en passant par un leadership fort, a déclaré l’analyste argentin Francisco Juaregui.
« Accueillir cette Coupe d’Afrique des Nations est la récompense de tous les progrès réalisés par le Maroc au cours de la dernière décennie, tant sur le plan footballistique qu’administratif et d’infrastructures », a souligné Juaregui dans une déclaration à la MAP à l’occasion de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations au Maroc.
L’expert argentin, auteur de deux livres sur le fooball africain (Futbol Africano I et II) a rappelé sa visite dans le pays en 2018, où il avait constaté « un pays très bien organisé, avec des stades de haut niveau, des hôtels de standing et d’excellentes liaisons de transport », une réalité qui place le Maroc parmi les nations les mieux préparées du continent.
Interrogé sur les chances des Lions de l’Atlas de l’emporter, il a expliqué que le Maroc est actuellement la première sélection africaine au classement FIFA et « il aura à cœur de se racheter après la dernière Coupe d’Afrique des Nations, où, fort de sa victoire à la Coupe du Monde au Qatar, il avait été éliminé en huitièmes de finale par l’Afrique du Sud. »
« Je pense que le Maroc est le grand favori pour remporter cette Coupe d’Afrique des Nations. Les joueurs n’ont laissé aucun doute lors des qualifications pour la Coupe du Monde, c’est une excellente équipe, le meilleur joueur du continent en la personne d’Achraf Hakimi, le soutien de leurs supporters et l’avantage de jouer à domicile », a énuméré Juaregui.
Il a toutefois prévenu que les équipes d’Afrique subsaharienne seraient une fois de plus des prétendantes sérieuses au titre. « Les sélections de l’Afrique subsaharienne sont toujours très combatives. La Côte d’Ivoire, tenante du titre, ne le cédera pas facilement, et le Nigeria et le Cameroun sont des équipes qu’il faut toujours prendre au sérieux », a-t-il souligné.
Pour Juaregui, l’un des piliers du projet marocain est la continuité du staff technique et la vision à long terme adoptée par le Maroc, qui est considérée comme « une approche inhabituelle » sur le continent. « Ils ont longtemps fait confiance à un cycle et à un entraîneur comme Walid Regragui.
Dans un autre pays, après une élimination en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations suite à une excellente Coupe du Monde, ils auraient peut-être changé d’entraîneur, mais le Maroc a choisi de persévérer », a-t-il expliqué.
Au-delà du cas marocain, l’analyste argentin a replacé la progression du football africain dans le contexte d’une tendance mondiale. Ce bond qualitatif est dû, selon Juaregui, à des améliorations structurelles et à un changement de paradigme dans la représentation des équipes nationales.
« Auparavant, de nombreux joueurs nés en Afrique finissaient par jouer pour des pays européens. Aujourd’hui, c’est l’inverse, ce sont des footballeurs nés en Europe, d’origine africaine et formés en Europe, choisissent de représenter les équipes nationales africaines », a-t-il expliqué, citant le Maroc, le Sénégal et le Cap-Vert comme exemples de cette transformation.
Dans ce contexte, la prochaine Coupe d’Afrique des Nations apparaît non seulement comme un tournoi crucial, mais aussi comme la confirmation d’un processus qui place le Maroc au cœur du nouveau paysage du football africain.