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Victor Gomes et l’arbitrage : une passion chevillée au… sifflet (Portrait)

Johannesburg – S’il fallait donner un profil à l’arbitrage africain au cours des dix dernières années, le Sud-africain Victor Gomes en serait l’incarnation parfaite, au vu de ses qualités professionnelles et humaines, doublées de son sens de rigueur et de rectitude.

Classé parmi les cinq meilleurs officiels de match par la Fédération Internationale des Statistiques et de l’Histoire du Football (IFFHS), Gomes a entamé sa carrière d’arbitre très tôt dans sa ville natale Johannesburg, là où il est né le 15 décembre 1982 dans une famille d’origine portugaise qui, comme lui, élève le football au rang de culte.

L’homme raconte qu’il a mordu au sifflet à 14 ans environ, après avoir « raccroché les crampons », car il jugeait qu’il n’était « pas un bon joueur ».

Il a suivi les cours « niveau 1 et 2 », c’est à dire les premières étapes de la formation arbitrale, avant d’être nommé arbitre assistant, puis arbitre central après plusieurs matchs et formations.

Au fil des matchs et de torrents de sueurs, il gravit les échelons : un début en ligues amateurs locales, puis il officie, dès 2008, dans la Premier Soccer League (PSL), le championnat national sud africain.

Nommé deux fois Arbitre de la Saison dans son pays (2012/2013 et 2017/2018), il devient arbitre FIFA en 2011, à l’âge de 28-29 ans.

En 2018, il a été salué par la Fédération sud-africaine de football (SAFA) pour avoir refusé et dénoncé une tentative de corruption de plus de 300 mille Rands (près de 18 mille USD). Gomes avait été approché pour truquer un match de la CAF entre l’équipe nigériane Plateau United et l’équipe algérienne USM Alger.

Il a officié lors des éditions 2019 et 2021 de la CAN et arbitré la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2021 entre le Sénégal et l’Égypte.

Chemin faisant, l’homme devient un visage familier des compétitions de la CAF et se voit désigner à plusieurs reprises pour des affiches à très haute intensité.

Mais son fait d’arme le plus prestigieux s’est concrétisé lorsqu’il a dirigé, lors du Mondial 2022 au Qatar, deux matchs de phase de groupes : celui ayant scellé la victoire 4-1 de la France contre l’Australie, et le duel perdu par l’Espagne 2-1 face au Japon.

« Le rêve a commencé quand j’étais encore enfant », dira Gomes, en annonçant sa retraite après cette compétition. « Maintenant que j’ai atteint la Coupe du monde, je suis reconnaissant et prêt à passer du temps avec ma famille », a-t-il déclaré, visiblement comblé.

Comblé ? Pas si sûr pour quelqu’un qui dit porter le football don son sang : « Je crois que j’ai été meilleur que ceux qui m’ont précédé et je souhaite que d’autres viennent et fassent encore mieux que moi », précise Gomes, fidèle à son sens de la mesure, son sens de l’arbitrage.

Car, un arbitre est un sportif passionné qui gère un match en garantissant le respect des 17 lois du jeu. Il fait preuve de sérénité, de courage, d’autorité et d’une grande capacité de communication pour gérer 22 joueurs et des situations tendues.

Et ceci, Gomes l’a bien appris au gré des multiples rencontres qu’il a dirigées et qui ont forgé l’image d’un homme connu pour son caractère trempé, son tempérament ferme face aux plus grandes stars et sa communication directe avec les joueurs.

Gomes s’est également illustré par son application stricte du règlement, son excellente condition physique et sa personnalité visible sur le terrain qui le rend- par son crâne rasé, sa gestuelle, son regard et sa posture- très reconnaissable auprès du grand public.

En dehors du terrain, il est décrit comme un homme réservé, profondément attaché à la discipline et à la formation des jeunes arbitres.

Cheville ouvrière dans les débats sur l’introduction de la VAR dans le championnat sud-africain, il est nommé président du Comité des arbitres de la SAFA (2023), puis vice-président du Comité des arbitres de la CAF, et membre du Panel consultatif technique de l’IFAB.

L’homme a choisi de prendre sa retraite à 40 ans pour, dit-il, « passer du temps avec sa famille » et s’occuper d’une entreprise de production de plastiques et d’une station de traitement d’eau en Afrique du Sud.

Il laisse derrière lui un héritage considérable, celui d’un arbitre respecté, dont la constance et l’excellence ont contribué à renforcer la crédibilité des officiels africains sur la scène mondiale.

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