Rabat, – Dans l’histoire de la Ligue des champions, certains des plus grands noms du football mondial ont pourtant connu une étonnante frustration : celle de terminer leur carrière sans jamais soulever le prestigieux trophée européen.
Le palmarès de la compétition regorge de héros, mais il compte aussi de nombreuses légendes auxquelles la « Orejona » a échappé, parfois de manière cruelle. Une situation qui rappelle que le talent et la longévité ne suffisent pas toujours pour inscrire son nom au sommet de l’Europe.
Parmi les cas les plus emblématiques figure Ronaldo Nazário. Le Brésilien, double Ballon d’Or et considéré comme l’un des attaquants les plus talentueux de sa génération, a évolué notamment au FC Barcelone, à l’Inter Milan et au Real Madrid. Il a disputé 42 rencontres de Ligue des champions, inscrivant 16 buts, mais n’a jamais dépassé les demi-finales, atteintes avec le Real Madrid en 2003.
Autre monument du football mondial, Zlatan Ibrahimovic n’a lui non plus jamais remporté la compétition. Passé par plusieurs des plus grands clubs européens, le Suédois a connu son meilleur parcours avec le FC Barcelone, stoppé en demi-finales en 2010 par l’Inter Milan.
Le cas de Gianluigi Buffon est encore plus cruel. Le légendaire gardien italien a disputé trois finales avec la Juventus, en 2003, 2015 et 2017, mais les a toutes perdues, respectivement face à l’AC Milan, au FC Barcelone et au Real Madrid.
La malédiction concerne également plusieurs Ballons d’Or. Pavel Nedved, sacré en 2003, avait dû manquer la finale de la même année entre la Juventus et l’AC Milan en raison d’une suspension. La Juventus s’était finalement inclinée aux tirs au but. Fabio Cannavaro, Ballon d’Or 2006 et champion du monde avec l’Italie, n’a jamais atteint la finale de la compétition.
D’autres grands noms ont connu des désillusions mémorables. Michael Ballack a perdu deux finales, avec le Bayer Leverkusen contre le Real Madrid en 2002, puis avec Chelsea face à Manchester United en 2008. Hernán Crespo, lui, semblait avoir la coupe entre les mains lors de la finale de 2005 avec l’AC Milan. Auteur de deux buts, l’Argentin a pourtant vu Liverpool réaliser l’une des remontées les plus spectaculaires de l’histoire de la compétition à Istanbul.
La liste comprend également Francesco Totti, symbole éternel de l’AS Roma, Roberto Baggio, Ballon d’Or 1993, Gabriel Batistuta, Lilian Thuram, Dennis Bergkamp, Eric Cantona ou encore Romário. Tous ont marqué leur époque sans parvenir à conquérir le sommet du football européen.
Et comment oublier Lothar Matthäus ? Champion du monde, Ballon d’Or et multiple champion d’Allemagne, l’Allemand était tout proche de la consécration en 1999 avec le Bayern Munich. Son équipe avait mené jusqu’aux dernières minutes avant de subir le mythique retournement de situation de Manchester United. Ironie du destin : le Bayern remportera la Ligue des champions en 2001, deux ans après le départ de Matthäus.
Enfin, le cas de Diego Maradona rappelle aussi que les époques et les formats de la compétition ont leur importance. Le génie argentin n’a disputé que six matches de Ligue des champions, alors que la compétition était encore réservée aux champions nationaux. Il avait néanmoins remporté la Coupe UEFA avec Naples en 1989.
Cette longue liste de légendes sans « Orejona » donne finalement une autre dimension au prestige de la Ligue des champions. Gagner cette compétition relève autant de l’excellence individuelle que du contexte, de la force collective et parfois… d’une bonne dose de chance.
Car dans le football, certaines légendes restent éternelles, même lorsque le plus convoité des trophées européens leur a toujours échappé.