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Interview exclusive avec le patron du football brésilien, Samir Xaud

– Propos recueillis par Wahiba RABHI -.

Brasilia – À quelques jours du choc Maroc-Brésil, prévu samedi pour l’entrée en lice des deux sélections en Coupe du Monde 2026, le président de la Confédération brésilienne de football (CBF), Samir Xaud, s’est confié, dans un entretien exclusif, à MAP-Brasilia.

Entre la quête « obsessionnelle » d’une sixième étoile sous la houlette de Carlo Ancelotti et la mise en œuvre de réformes structurelles au sein du football auriverde, le patron de la CBF livre son regard sur le renouveau de la Seleçao.

Il analyse également l’ascension fulgurante du Maroc, qu’il installe définitivement à la table des plus grandes puissances du football mondial.

MAP: Voilà vingt-quatre ans que le Brésil attend une nouvelle étoile. Avec la nomination de Carlo Ancelotti, la CBF cherche-t-elle à faire évoluer sa vision du football ?

Samir Xaud: En effet, le Brésil amorce un nouveau cycle axé sur la planification, la gouvernance et une vision moderne du football. Le choix de Carlo Ancelotti incarne cette rupture : nous avons misé sur un technicien doté d’une expérience internationale, d’une maîtrise humaine et d’une connaissance fine du football contemporain.

Mais la transformation va bien au-delà du banc de touche. La CBF mène des réformes structurelles telles que l’instauration du fair-play financier, l’optimisation du calendrier, l’investissement dans la formation des jeunes et la professionnalisation de nos secteurs stratégiques, afin de repositionner le footbal brésilien au sommet. Notre objectif est clair : bâtir un modèle durable, compétitif et aligné sur les meilleures pratiques internationales.

– Le Brésil et le Maroc entament leur Mondial par une confrontation très attendue. Quel regard portez-vous sur ce rendez-vous entre deux peuples passionnés de football ?

Ce sera un grand spectacle. Le Brésil et le Maroc représentent deux écoles de football dynamiques, passionnées et reconnues à l’échelle mondiale. Ce sera un duel de très haut niveau technique, avec beaucoup d’intensité et de respect mutuel.

Pour nous, c’est un honneur d’ouvrir ce Mondial face à une sélection qui a conquis le monde par son organisation, son courage et son identité de jeu. Le football est fait de défis et débuter par une telle affiche rappelle l’importance de la préparation et de la concentration. Ce match restera gravé dans les mémoires, j’en suis sûr.

– Les listes dévoilées par les deux sélectionneurs mettent en évidence deux équipes très talentueuses mais aussi deux constructions différentes : un Maroc qui a conservé l’ossature demi-finaliste au Qatar, et un Brésil toujours porté par ses individualités. Est-ce aussi votre lecture ?

Je vois deux sélections fortes aux trajectoires différentes. Le Maroc a consolidé un modèle dont les résultats remarquables découlent naturellement de la continuité. Le Brésil, de son côté, est engagé dans un processus de renouvellement sous la conduite de Carlo Ancelotti, qui associe notre génie individuel historique à une quête permanente d’équilibre collectif.

Nous disposons de joueurs de premier plan ainsi que d’un cadre de travail tactique et mental rigoureux. Cependant, le football moderne exige plus que des noms de prestige : il requiert une structure, de la discipline et de la flexibilité. Et c’est précisément ce que nous sommes en train de construire.

– Le Maroc a changé le regard porté sur le football africain après son exploit historique au Mondial du Qatar. Quid du Brésil, quintuple champion du monde?

Le Maroc a incontestablement contribué à rehausser le statut du football africain et mérite toute notre reconnaissance pour cela. Quant au Brésil, notre responsabilité est différente : nous portons un héritage exceptionnel, mais également l’obligation d’évoluer en permanence. Le football mondial a changé ; il est devenu plus compétitif, plus physique et plus technique. Notre sélection est pleinement consciente de cette réalité et travaille à s’y adapter.

Nos cinq titres mondiaux sont une source de fierté, mais ils ne doivent pas devenir un motif de confort. Notre regard est tourné vers l’avenir, et cet avenir exige professionnalisme, performance, bonne gouvernance et excellence dans la formation.

– Entre infrastructures de pointe, formation d’élite et co-organisation du Mondial 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le Maroc récolte les fruits de la politique sportive impulsée par SM le Roi Mohammed VI. Le Royaume fait-il désormais partie des puissances du football mondial ?

Le Maroc constitue aujourd’hui un exemple d’investissement stratégique dans le sport. Sa vision à long terme, ses infrastructures aux standards internationaux et la priorité donnée à la formation ont façonné un écosystème extrêmement compétitif.

Les résultats obtenus ces dernières années, tant dans le football masculin que féminin, démontrent que le pays occupe désormais une place de premier plan sur la scène mondiale. La co-organisation de la Coupe du monde 2030 vient d’ailleurs consolider ce statut.

Pour nous, cela suscite admiration et respect. Le football mondial s’enrichit lorsque de nouvelles puissances émergent grâce à des projets solides, et le Maroc en fait assurément partie.

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